Salon International de l’Agriculture : la transmission et la préservation

La transmission et la préservation

« L’agriculture des femmes, des hommes et des talents » : observer l’industrie de l’intérieur et de l’extérieur

Gilles Druet est éleveur et a été récompensé d’une médaille pour sa vache Imminence, qui fait partie de la race des Bleues du Nord. François Purseigle est sociologue et professeur à l’Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse. Ces deux intervenants évoquent leur vision de ce secteur au cours de cette conférence du Salon International de l’Agriculture.

Gilles Druet et Imminence, Bleue du Nord

Imminence est une Bleue du Nord, espèce quasiment disparue il y a quelques années mais aujourd’hui sur le retour. Gilles Druet possède une centaine de vaches sur les 500 qui restent en France. Avant les Guerres Mondiales, il existait plus de 500 000 têtes. La fin de la Seconde Guerre Mondiale a amené la nécessité de produire énormément et la Bleue du Nord a quasiment été rayée des races françaises.

Dans les années 1970, après l’utilisation de génétique issue de Belgique, elle est revenue au niveau du reste des races françaises.

La Bleue du Nord est une race mixte élevée pour le lait et la viande. Elle dispose d’une robustesse et d’une résistance musculaire et produit 5 000 litres de lait par lactation. Son bassin se situe sur le sud du département du Nord ainsi qu’en Belgique, principalement sur les zones herbagères auxquelles elle est adaptée. L’association présidée par Gilles Druet compte 25 éleveurs qui l’élèvent principalement pour son lait.

Il s’est installé en 1996 au sein de l’exploitation familiale, avant de saisir une opportunité de racheter une seconde exploitation en extérieur actuellement gérée par sa femme. La famille compte trois enfants dont au moins deux souhaitent se diriger vers le métier. En matière de transmission, cette idée rassure beaucoup Gilles Druet, qui dispose d’une motivation supplémentaire, à savoir qu’il sera en mesure de transmettre ce qu’il aura créé.

La question de la transmission est d’ailleurs la motivation première des visiteurs du Salon International de l’Agriculture, qui viennent à 86% pour découvrir.

Gilles Druet dispose par ailleurs d’une exploitation diversifiée grâce notamment à un verger permettant de produire du jus de pomme, du cidre ainsi que la vente de colis de viande. Cette diversification, source de revenus minime, permet surtout d’élaborer du contact humain et de faire découvrir son métier.

La pédagogie est une autre valeur du Salon International de l’Agriculture, puisque le consommateur a envie d’en savoir plus sur cette industrie et sur les agriculteurs.

Une vision sociologique de l’industrie et du Salon International de l’Agriculture

Pour François Purseigle, il est important de rappeler que l’agriculture, c’est avant tout des hommes et des femmes, car cela ne va pas de soi. Il est possible de se retrouver du jour au lendemain avec une agriculture sans agriculteurs.

Les formes de transmission au sein des exploitations familiales ont évolué, fruit d’une construction sociale et politique. Certains pays ont sciemment abandonné leurs agricultures familiales, d’autres ont mis en place des solutions et des politiques volontaristes, comme la France et le Japon.

L’agriculture est héritière de savoir-faire transmis différemment, protégés à travers des démarches de qualification. Le Salon International de l’agriculture est représentatif d’un monde d’organisations lui donnant une place dans la société alors même qu’elle ne représente que 2% de la population active. Elle demeure une affaire de famille car les femmes et les enfants comptent énormément au sein des exploitations. La construction du revenu se fait notamment à travers la pluriactivité et l’entraide familiale.

Le numérique bouleverse la connexion entre agriculteurs et transmission du savoir. Le digital ne remplace pas forcément les dispositifs de formation mais s’émancipe de l’école et de la structure familiale. Les agriculteurs coconstruisent en permanence les savoirs en utilisant le digital.

Près de 17% des agriculteurs ont un niveau d’éducation supérieur, les trois quarts à niveau bac. Il s’agit donc d’une des professions les mieux formées de l’Hexagone.

Le travail demeure la valeur centrale des agriculteurs, pivot des logiques patrimoniales et économiques. Ils véhiculent également des valeurs humanistes fortes, notamment la préservation de l’environnement chez les jeunes formés dans les lycées agricoles. Enfin, le passage de la ferme familiale à l’exploitation renvoie à des formes de transmission de moins en moins subies.

Intervenants : Gilles DRUET, ELEVEUR D’IMMINENCE et François PURSEIGLE, ECOLE NATIONALE SUPERIEURE AGRONOMIQUE DE TOULOUSE

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