Salon International de l’Agriculture : un événement aux enjeux diversifiés

Le salon de l’agriculture rassemble chaque année les agriculteurs et une partie des citoyens. 

« L’agriculture des femmes, des hommes et des talents » : les enjeux du Salon International de l’agriculture

Jean-Luc Poulain et Valérie Le Roy constituent la direction du Salon International de l’Agriculture (SIA). Au cours de cette conférence, ils exposent leur vision de cet événement et des enjeux qui y sont associés.

Salon International de l’Agriculture et débats : un espace de dialogue et d’échange

L’intérêt du Salon International de l’Agriculture est de maintenir un dialogue agricole, ce qui est important, car le consommateur présente des exigences constamment renouvelées. Dans un premier temps, en attendant des travailleurs de la terre qu’ils nourrissent la France, puisqu’ils nourrissent le monde, avant de le faire en réduisant les prix. Désormais, on attend d’eux qu’ils aient l’impact le plus positif possible sur l’environnement.

Cette industrie est très lourde en termes de circulation des capitaux, car elle réalise des investissements sur le long terme. Il importe d’expliquer aux Français pourquoi et comment les décisions sont prises et appliquées. Le Salon International de l’Agriculture est un lieu idéal pour communiquer autour de cela, grâce aux médias, aux politiques et au public présents sur place, ainsi qu’à l’agriculture elle-même.

Ce domaine d’activité, en France, est une merveilleuse vitrine de diversité génétique et alimentaire. L’excellence de cette diversité est présente lors du Salon International de l’Agriculture et cela concerne aussi les citoyens. Une médaille au Salon International de l’agriculture apporte une reconnaissance et une plus-value. Chaque année, de plus en plus d’échantillons sont inscrits pour participer.

La France est un pays d’une extrême richesse génétique, incluant des races à faible ou fort effectif. Cette diversité est recherchée dans d’autres pays, car nous avons su maintenir des gènes dans différentes espèces. L’Hexagone reste une puissance agricole importante grâce à ses hommes, son climat, la qualité de ses sols et son environnement de recherche. Tout cela rayonne à l’international, et intéresse aussi bien les pays émergents que les pays développés.

Par ailleurs, de plus en plus de chefs d’exploitation sont des femmes. Les jeunes générations ont des projets différents, car nous sommes passés d’une agriculture « de muscle » à une agriculture « de matière grise ». Dans ce contexte, les femmes apportent un œil nouveau, au même titre que les jeunes exploitants en général.

L’état d’esprit du monde agricole s’est fortifié d’avoir endigué l’hémorragie des années 2016-2017 au cours de 2018, mais la santé du secteur doit toujours être récupérée. Si 2018 n’est pas une mauvaise année, elle n’en est pas une bonne non plus. Les années à venir doivent reconstituer les trésoreries agricoles. Les agriculteurs sont prêts à contractualiser au regard de l’environnement, à condition que les paiements promis arrivent en temps et en heure.

Traditionnellement, lors du Salon International de l’Agriculture, un bovin est choisi pour être médaillé. Cela permet de valoriser la diversité génétique en alternant les races laitières, à viande, à gros ou à faible effectif. Cette année, il s’agissait d’une race laitière à faible effectif, la Bleue du Nord. Nommer ce porte-parole lui permet de parler de sa propre activité, mais également du territoire et des produits issus des animaux pour tous les éleveurs du salon.

Durant une génération (30 ans), on a pu assister à une forte évolution des projets d’installation. La reprise d’exploitation dans l’Oise, par exemple, était caractéristique (blé, betterave, colza…) et l’on cherchait le meilleur revenu, soit par la performance à l’hectare, soit en agrandissant les surfaces. Aujourd’hui les choses sont différentes et les exploitations sont concernées par des projets spécifiques, parfois même sur des parties d’exploitation.

Des jeunes peuvent par exemple prendre une dizaine ou une quinzaine d’hectares sur les terres de leur père pour faire du maraîchage, de la vente de fleurs. Il s’agit de projets professionnels, mais aussi de vie, hors du professionnel. L’idée est de garder un contact, et de pouvoir allier son activité professionnelle à celle du conjoint, et ce qu’il soit agriculteur ou non. Autre exemple : en 5 ans, l’Oise a vu l’apparition de six élevages de chèvres alors que ce département n’en comportait plus aucun.

Enfin, les agriculteurs ont dans leur grande majorité l’esprit de mutualisme ancré en eux. L’existence des coopératives et de ce qu’elles arrivent à vendre, de même que la puissance du syndicalisme, suffisent à le démontrer. Beaucoup de syndicats ouvriers aimeraient pouvoir faire ce que les syndicats agricoles sont capables d’accomplir.

Pourquoi choisir la thématique de « l’agriculture des femmes, des hommes et des talents » ?

Cet événement est le 57e et comme chaque année, il servira de retrouvailles entre un certain nombre de citoyens et le monde des agriculteurs. Il ponctue et raconte l’histoire de l’industrie agroalimentaire depuis sa création, puisque c’est 1% de la population qui, chaque année, vient voir les représentants de 2% de la population active.

Le Salon International de l’Agriculture est très populaire, il rassemble 1 000 exposants incluant des marques, des distributeurs et des éleveurs. Il propose, en un seul endroit, la discussion politique et les revendications adressées aux instances politiques. C’est aussi la possibilité pour les consommateurs de venir rencontrer les éleveurs et les producteurs, et de leur poser des questions.

La thématique « l’agriculture des femmes, des hommes et des talents » remet directement la dimension humaine au cœur du dispositif. En effet, si aucune femme ni aucun homme ne déploient leur énergie ou leur talent, il n’y a pas d’agriculture possible, encore moins de qualité.

Commencer par les femmes est une manière de leur reconnaître une place de plus en plus importante, car 37% des chefs d’exploitation sont aujourd’hui des femmes. Elles participent souvent au développement et au maintien des exploitations au travers d’activités de diversification.

Cette thématique permet de parler de ceux qui font l’agriculture, mais aussi du consommateur. Car ce sont également les consommateurs qui non seulement achètent, mais également réfléchissent à quel type de produits ils ont envie d’acheter.

Le digital, par ailleurs, a une place également de plus en plus importante. Au départ, l’espace digital du Salon International de l’Agriculture avait une superficie de 90m², pour grimper jusqu’à 500m² en trois ans. Le Salon International de l’Agriculture n’est pas un événement hors sol, et il reflète toutes les tendances de la société.

Le digital occupe une place importante, anime énormément de points, rassemble des entreprises, permet de parler de projets contributifs, de financement participatif, de mise en commun de matériel et de nouvelles technologies dans le monde agricole. Il s’agit d’un secteur fortement digitalisé depuis le départ, voire plus que la moyenne en France notamment via la numérisation des démarches et documents administratifs ou encore les applications météo.

Intervenants : Jean-Luc POULAIN et Valérie LE ROY, SALON INTERNATIONAL DE L’AGRICULTURE

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