Salon International de l’Agriculture 2026 : une édition singulière tournée vers le dialogue et l’avenir
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Une édition singulière marquée par l’absence des bovins

A vous tous, paysans, exposants, partenaires, élus, professionnels, médias et visiteurs fidèles, le Salon International de l’Agriculture 2026 vient de fermer ses portes.

Cette édition n’a ressemblé à aucune autre. Elle restera comme une année singulière dans l’histoire du Salon.

L’absence des bovins découlant de la décision des Organismes de Sélection des races bovines, une première depuis 62 ans, a profondément marqué cette édition. Le Salon est historiquement et affectivement lié à l’élevage bovin. Il est un tout, comme l’agriculture est un tout.

Nous avons respecté la décision des éleveurs mais nous devons reconnaître que, au-delà de l’émotion légitime, un climat d’attentisme en est découlé. Certains ont hésité à venir. D’autres ont choisi de ne pas participer. Des appels au boycott, des prises de parole conflictuelles, des polémiques parfois surdimensionnées ont pu contribuer à nourrir le doute : un Salon annoncé comme un lieu de tensions donne moins envie.

Les facteurs exogènes jouent également un rôle réel. Nous ne pouvons pas chiffrer précisément l’impact des vacances scolaires, mais c’est la première fois depuis huit ans que les dates des trois zones coïncident sur plusieurs jours. Cela a nécessairement influé sur la dynamique du premier week-end. Les conditions météorologiques parfois difficiles, ont également pu freiner certains déplacements, notamment familiaux.

Un Salon riche au-delà de la fréquentation

Pour autant, réduire cette édition à son taux de fréquentation serait une erreur.

Le Salon 2026, ce sont aussi

  • près de 3 500 animaux présents,
  • 1 100 exposants,
  • des producteurs venus de tous les terroirs,
  • des espaces dédiés aux filières végétales, à la recherche, à l’innovation et aux nouvelles technologies agricoles.

C’est le Concours Général Agricole, pilier historique du Salon, avec ses sept catégories en concours cette année, ses produits d’excellence, ses jeunes talents, ses filières mobilisées.

C’est la diversité des agricultures françaises qui se donnent rendez-vous à Paris : élevage, cultures, gastronomie, formation, innovations et solutions pour demain.
Tout cela est considérable, et réjouissant.

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Neuf jours d’échanges, de respect et de pédagogie

D'ailleurs, sur le terrain, la réalité vécue sur place a souvent été différente de l’image projetée. L’immense majorité de l’événement s’est déroulée dans le calme, le respect et la qualité des échanges.

Ce que nous constatons à travers les retours de nombreux exposants, c’est un Salon où les discussions ont pris le temps d’exister - et c’est bien la force du Salon International de l’Agriculture ! Un lieu d’échange, de découverte, de pédagogie, de transmission et de respect. Cette édition a certes moins été un peu moins dense, mais, assurément la qualité y était.

Un rayonnement international renforcé

Le Salon a également renforcé son rôle institutionnel et international :

  • 79 visites officielles,
  • la Côte d’Ivoire à l’honneur,
  • de nombreuses délégations étrangères,
  • des ambassadeurs venus de près de 50 pays.

 

Ce « I » du SIA que nous n’avons cessé de renforcer depuis deux ans. Malgré le contexte, le Salon international de l’Agriculture reste incontestablement une formidable vitrine de l’agriculture française et une caisse de résonance pour ses enjeux.

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Un hommage aux éleveurs et un cap vers 2027

Nous avions fait le choix, cette année, de mettre à l’honneur l’ensemble des races bovines françaises, en hommage aux éleveurs empêchés. Ce n’était ni un geste symbolique creux, ni une opération de communication. C’était une manière de leur dire que nous pensions à eux, et que leur place au Salon ne sera jamais remise en cause. Parmi les images fortes de cette édition, la Brahman martiniquaise initialement prévue comme égérie restera comme un symbole : absente physiquement, mais présente en hologramme... et dans les esprits.

Nous sommes convaincus qu’après cette année très spéciale, le Salon reviendra l’an prochain plus fort que jamais. Si les conditions sanitaires le permettent, les bovins et les volailles seront de retour. Toute la famille sera réunie... Nous aurons le temps d’en parler, de le préparer, de le valoriser. 

Le Salon appartient au monde agricole dans toute sa diversité. Il est aimé de tous, mais il est aussi fragile. Dès qu’il est affaibli par des absences, des tensions ou des divisions, il en subit immédiatement les conséquences.

Le Salon est un pont entre les agriculteurs et les Français, entre les filières et les territoires, entre la France et le monde. Mais c’est aussi un lieu de convivialité familiale et amicale. Le fragiliser, c’est affaiblir cet espace unique de dialogue. Il ne faut jouer avec ce bien commun qu’est le Salon de l’Agriculture.

"Au moment de refermer cette édition 2026, je veux adresser des remerciements très sincères. Aux paysans, qui ont tenu, parfois dans un contexte difficile, et qui ont fait vivre ce Salon avec dignité et professionnalisme. Aux exposants et aux partenaires, qui ont répondu présents et se sont adaptés avec engagement. Aux équipes, qui ont travaillé sans relâche pour garantir la qualité, la sécurité et la fluidité de l’événement. Aux visiteurs, enfin, venus nombreux malgré les interrogations, et qui ont contribué par leur respect et leur curiosité à faire de cette édition un moment utile. Le Salon 2026 restera comme une édition à part. À nous tous de faire en sorte que 2027 soit celle du rassemblement et du rayonnement ! Ensemble."
Jérôme Despey
Président du Salon international de l’Agriculture
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